Bon. Début juin. Alors voilà, j'avais dit « début juin ». Je n'avais pas précisé l'année. Techniquement je n'ai donc menti à personne, et je considère le sujet clos. 😄 Quatorze ans plus tard, j'ai fini par m'y remettre. J'ai enfin un logiciel qui permet le de traitement d'images astro, avec l'ambition délirante d'aller taquiner PixInsight. Le principe de base, comme à l'origine : le cœur est en Python, et tout est faisable depuis la console intégrée. L'interface n'a aucun pouvoir propre, c'est juste un client de l'API — et chaque clic affiche le code Python équivalent dans la console, copiable et rejouable. On apprend à scripter en cliquant, ce qui est quand même plus sympa que de lire une doc. Ce qu'il y a dedans, en vrac : 141 process (j'ai arrêté de compter, puis j'ai recompté par curiosité, et j'ai été le premier surpris) : calibration, empilement, DBE-like, déconvolution, réduction de bruit, étirements, masques d'étoiles, PixelMath… Un pré-traitement automatisé complet, façon WBPP : tu pointes un dossier de brutes, il en sort des masters et des intégrées, avec cache et reprise après interruption. Une interface façon VS Code : docking, palette de commandes, éditeur Monaco, viewport WebGL2, previews, masques, historique et undo par vue. Accélération GPU sur les trucs lourds (déconvolution ×35 sur ma carte, si on veut bien croire mes propres mesures). Plate-solve hors ligne, annotation, WCS, photométrie, mosaïques. Des presets pour les télescopes intelligents (Seestar, Dwarf), écrits avec le même sérieux que le reste, c'est-à-dire sur la base de la documentation et de beaucoup d'optimisme. Interface bilingue FR/EN, et un installeur MSI pour Windows. Et un assistant IA intégré directement dans le logiciel, mais ça n'est pas super efficace d'après mes tests 😅 (Il faut un abonnement Claude Pro en plus) Et là, la question légitime : comment un type qui a mis quatorze ans à écrire un visualiseur FITS sort d'un coup 141 process ? L'IA. J'ai fait tout ça avec Claude Code, et honnêtement c'est l'expérience de dev la plus déroutante de ma vie : j'ai l'impression d'avoir une équipe de développeurs à mes ordres. Je décris ce que je veux, je discute l'architecture, je râle sur le résultat, ça repart. Moi je reste le chef de projet, celui qui décide, qui relit et qui dit non — mais le volume de code produit n'a plus rien à voir avec ce qu'un type seul peut taper à la main le soir. Sans ça, ce message n'existerait tout simplement pas, et vous auriez été tranquilles quatorze ans de plus. Le revers de la médaille est direct : c'est très peu testé. Enfin si — les tests unitaires passent, ce qui prouve essentiellement qu'on a écrit les tests. Mais Retina n'a jamais vu une vraie nuit d'observation, jamais avalé un dossier de brutes d'un vrai setup, jamais été confronté à un capteur qui a chaud, à un flat foireux ou à un fichier FITS écrit par un logiciel créatif. Tout ce que je peux garantir, c'est que ça marche sur mes données de synthèse et sur les quelques jeux que j'ai trouvés en ligne. Autant dire rien. Du code écrit vite, c'est aussi du code qui n'a jamais rencontré la réalité. Ce qui m'amène au détail qui va faire plaisir à ceux qui me connaissent : je n'ai toujours pas de setup astrophoto. 😁 Oui. J'écris un logiciel capable d'empiler cent poses de 50 mégapixels par bandes de lignes pour ne pas saturer la RAM, et je n'ai personnellement jamais produit une seule pose. Il y a sûrement un mot pour ça. En attendant, c'est exactement pour cette raison que je repasse ici : j'ai besoin de gens qui ont du vrai matériel et de vraies images pour me dire à quel endroit précis ça casse. 😃 Donc si l'un d'entre vous a un dossier de brutes dont il se moque, une soirée à perdre et un goût prononcé pour les messages d'erreur, je suis preneur ! https://kdrive.infomaniak.com/app/share/256623/57b70582-042b-4f7e-8d60-13290dccd076 C'est de l'opensource, tout va rapidement être mis sur github si vous y trouvez un intérêt ^^ Et sinon, au-delà du logiciel : j'espère sincèrement que tout le monde se porte bien par ici. Ça fait plus de dix ans que je traîne dans le coin, même quand je ne donne pas signe de vie — surtout quand je ne donne pas signe de vie, en fait. Content de vous relire.